Categories: Lingua
      Date: May 16, 2009
     Title: Discrimination négative envers la langue corse
Qu’est-ce qui peut bien motiver la directrice de l’Agence de publicité Eurosud qui gère les encarts de Corse-Matin pour discriminer la langue corse ?


Qui peut donner de telles consignes ? Quel est le but recherché ? Voilà les questions en suspens depuis la mésaventure arrivée à u nostr’amicu Dumenicantone Geronimi, ardente avucatu è fiura di a nostra lingua. Il nous l’explique dans une lettre ouverte adressée à cette agence de publicité qui dépend du quotidien unique. Désormais, si vous souhaitez faire paraître une annonce en langue corse, elle vous sera doublement facturée, puisque vous devez systématiquement – et à vos frais – en faire paraître la traduction. Un scàndalu tamantu u mondu ! Arritti incite ses lecteurs à réagir à cette discrimination en adressant un courrier véhément à la directrice d’Eurosud.

« Madame la Directrice
Le mardi 14 avril 2009, j’ai demandé à votre agence la publication d’un avis de messe anniversaire, avis accompagné d’une photo. Le texte était entièrement rédigé en langue corse et a été publié, ainsi que je l’avais souhaité, dans Corse-Matin du jeudi 16 du même mois. La publication d’un tel avis n’était ni une nouveauté ni une exception. Le mardi 21, toujours du même mois, j’ai demandé une nouvelle publication de cet avis (même texte et même photo) pour le jeudi 23.
La réponse a été la suivante :
- le texte en langue corse doit désormais être suivi de sa traduction en français.
- Devant mon refus de faire une traduction, on m’a assuré qu’elle pourrait être faite par l’agence (ou le journal, je ne sais pas) mais que sa présence était la condition sine qua non pour la parution de l’avis. J’ai alors demandé que fût portée la mention « traduction du journal ». Cela m’a a été refusé.
- Enfin, il m’a été précisé que l’espace occupé par la traduction devait donner lieu à rémunération de ma part.
Attaché à la parution de l’avis, j’ai accepté les conditions qui m’étaient imposées et la publication a été faire dans le journal du jeudi 23 avril 2009.
Tels ont été les faits, que vous connaissez mais que je crois indispensable de rappeler. Bien que vous en ayant déjà fait part de vive voix, je tiens à vous écrire que je suis : - indigné par le traitement qui est ainsi infligé à la langue corse dans le journal,
- scandalisé par la manière qu’a le journal d’user et abuser de la situation de monopole dont il bénéficie sur l’île dans le domaine de la presse quotidienne,
- offusqué par la malhonnêteté tant intellectuelle du refus de la mention de l’auteur de la traduction que par celle du procédé commercial.
J’ajoute que ce que j’écris ici n’est nullement exclusif de ce que je pourrai dire ou écrire par ailleurs et vous adresse des salutations qui ne sauraient être cordiales. »