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CUUFFICIALITÀ

16/07/2012

Avvèdeci Fratellu !




La disparition d'Yves Stella nous émeut au plus profond tant l'homme portait témoignage de l'histoire contemporaine de la Corse, notre histoire, celle que nous écrivons collectivement par nos engagements politiques.

Son parcours de nationaliste corse en témoigne. Il avait soutenu les combats d'indépendance des anciennes colonies françaises d'Afrique par conviction «altermondialiste», et, dès sa création, il s'est engagé dans le FLNC où il joua d'emblée un rôle politique de premier plan. Ainsi était Yves : capable de tout pour la Corse, mais sans jamais renier son idéal de liberté. En 1978, il assuma sans réticence, avec le premier grand procès du FLNC, une des toutes premières «défenses de rupture». Le résultat était l'assurance d'une peine très lourde, dont il écopa avec 14 ans de prison, une des plus lourdes peines distribuées ce jour-là par la Cour de Sûreté de l'Etat. Mais sa satisfaction était profonde d'avoir porté au plus haut le courage de ses idées et la force de son engagement. C'est cette sincérité absolue, manifestée par Yves et ses amis tout au long du procès, qui ouvrit la voie à l'amnistie que François Mitterrand mit en œuvre en 1981.

Yves sortait alors de prison après trois années de détention. Il ne mit pas vingt quatre heures avant de s'engager à nouveau, sans compter, dans les combats du peuple corse. Cadre actif de la Lutte de Libération Nationale, il participe à en structurer le mouvement public, a Cunsulta di i Cumitati Naziunalisti, et il est élu, en août 1984, à l'Assemblée de Corse, avec Pierre Poggioli et Dumè Gallet. Au sein de la CCN, puis du MCA, puis de a Cuncolta Naziunalista, il sera le rédacteur en chef de l'organe de presse U Ribombu jusqu'à la période des scissions internes au tournant des années 90.

Yves Stella suit alors ceux qui créent le MPA, et il met sur pied un audacieux projet de presse en créant un nouvel hebdomadaire, Paese. Mais le conflit interne est particulièrement violent, et les affrontements des années 90-95, avec leur cortège de victimes dans les deux camps, entraînent l'échec de ces tentatives de faire émerger à partir de la lutte de libération nationale un «nationalisme de construction» et non plus seulement de dénonciation.

Yves s'éloigne alors ostensiblement des factions armées qui s'affrontent, en s'investissant à temps plein à Mursiglia, son village natal dans le nord du Cap Corse. Cela l'amène à devenir le maire de la commune lors de l'échéance de 1995. Il sera réélu en 2001, puis en 2008, sans opposition, car Yves a mis dans son mandat municipal tout le dévouement dont il était capable, au service des autres, au service du bien public qu'il chérissait plus que tout. La recomposition nationaliste après le cataclysme des affrontements entre les deux FLN l'amène à devenir à nouveau un observateur des plus attentifs du rapprochement entre certains de ses anciens amis, regroupés dans Mossa Naziunale, l'UPC dont il s'était rapproché, et «Scelta Nova» un groupe de réflexion auquel participait Jean Christophe Angelini. Tous ces débats débouchent alors sur la création du PNC dont il sera partie prenante dès le début, fin 2002.

Depuis, Yves Stella a été régulièrement un membre actif du Cunsigliu Naziunale du PNC.

Tout au long de ces années, j'ai côtoyé Yves, lors des interminables réunions de négociation pour mettre sur pied la politique d'union de 1986, dans la cohabitation parfois chahutée entre Arritti et u Ribombu, puis dans ces années passées ensemble au sein du PNC. Devenu maire d'Osani, j'ai admiré son sens incomparable de l'action publique au service de son village, et je n'ai jamais aimé les tournées électorales autant que celles que j'ai faites à Mursiglia, durant lesquelles les promenades animées que nous avons faites dans les ruelles du village étaient un enchantement. Yves était la générosité politique incarnée, prêt à se dépouiller de tout pour se mettre au service du bien public et de ses idéaux.

Son intelligence, et la force exceptionnelle de son engagement, l'ont mis au centre de la vie politique corse durant toutes ces années où se sont forgées les idées nationalistes. Il y a tenu son rôle avec opiniâtreté, courage et discernement.

Aujourd'hui, nous lui rendons hommage.

 

Pensemu à Lisà, a so sposa, è à tutti quelli, parenti è amichi, chì u tinìanu caru. Par Iviu, semu parechji in Corsica à purtà u dolu. Un ci ne scurdaremu mai.

Avèdeci o fratellu, riposi in pace.