Partitu di a Nazione Corsa
L’Alliance Libre Européenne au chevet des langues menacées
Plein succès pour cet événement !

Drivé de main de maître par Antonia Luciani, secrétaire de l'ALE, il a rassemblé près de 200 personnes venues de l'Europe entière dont une imposante délégation corse, déplacée avec le soutien de notre député.
Alain di Meglio, maître de conférence et l'un des intervenants de ce débat, Aurélien Maroselli, vice-président de l'Università di Corti, Paulu Santu Parigi, maire de Santa Lucìa di Mercoriu, enseignant au centre bilingue de Savaghju, ainsi que la responsable du centre, Elisabeth Volpei, Micheli Leccia, président du Cullettivu Parlemu Corsu, très actif dans le travail de réappropriation de la langue par le peuple corse, Patrizia Gattacecca, artiste, auteur compositeur interprète, Paul Casalonga, Sébastien Quenot, responsable du titre en langue corse «A Nazione», Esteban Saldana, responsable du syndicat étudiant, Ghjuventù Paolina, ainsi que près d'une quinzaine d'étudiants ou de jeunes enseignants de langue et culture corses, membres de l'Associu Ghjuventù Vagabonda, emmené par son président Jérémie Marazzi: la délégation corse comptait plus d'une vingtaine de personnes! Auxquelles on peut encore ajouter, en les saluant, la présence de journalistes du quotidien Corse-Matin et de la télévision France 3 Corse, c'est dire l'importance reconnue de cet événement.
Le débat comportait trois grandes parties afin de cerner la globalité de la question telle qu'elle se pose en Europe au travers de trois types de situations distinctes:
- les langues dites «sans État», officielles sur leur territoire, mais injustement discriminées au sein de l'Union européenne; en tous les cas, ne bénéficiant pas des mêmes droits que les autres langues de l'Union. C'est le cas du catalan ou du basque par exemple, parlés pourtant par des millions de personnes.
- les langues menacées de disparition pure et simple au sein même des Etats où elles existent, car elles ne bénéficient d'aucune reconnaissance. Au premier rang desquelles, les langues régionales en France, notamment le breton, l'occitan, l'alsacien, ou encore le corse. Mais aussi le sarde ou le frioulan en Italie, le frison en Hollande et en Allemagne etc.
- les langues européennes, officielles dans un État, qui ne sont pas menacées de disparition à proprement parlé, mais dont ceux qui les pratiquent dans d'autres États subissent une répression linguistique, comme le hongrois qui ne disparaîtra pas de Hongrie, mais est réprimé en Slovaquie, en Roumanie et en Serbie.
Traduction pour le gallois et le catalan !
Mini-événement dans l'événement, c'est la première fois, à l'occasion de ce colloque, que le catalan et le gallois, langues qui ont obtenu récemment un statut «intermédiaire» de reconnaissance au sein des institutions européennes, bénéficiaient de cabine de traduction! L'ALE ayant ardemment milité pour y parvenir, c'est avec émotion et même une certaine fierté que cela a été signalé sous les applaudissements du public.
L'objet du colloque (voir notre interview de François Alfonsi) était de faire le point de ces situations qui justifient des approches différentes mais se posent avec acuité en Europe, de regrouper les réseaux qui agissent sur ces questions, et de relancer le travail de l'ALE sur ce dossier prioritaire pour le parti européen. François Alfonsi entend bien ainsi prendre une initiative importante durant la mandature avec le soutien de ces réseaux et de «l'intergroupe des minorités nationales traditionnelles, des langues minoritaires et des régions constitutionnelles». Regroupant une cinquantaine d'eurodéputés de toutes les sensibilités, cet intergroupe veut s'appuyer sur le Traité de Lisbonne pour développer une action sur la question des langues menacées de disparition.
Car en fait, et le débat l'a bien souligné, la question n'est plus tant une question de «droits» qu'il faut nécessairement reconnaître, mais bien plutôt de contraintes à imposer aux Etats pour faire appliquer ces droits édictés par les institutions européennes.
L'ALE réclame:
- Un statut pour les langues européennes officielles comme le catalan, le basque, le galicien, le gallois et le gaélique écossais; approximativement 14 millions de personnes parlent ces langues et sont pourtant privés d'un statut officiel au niveau européen.
- Des mesures plus fortes au niveau européen pour soutenir les langues en grand danger comme le corse, le breton, l'écossais, l'occitan...
- une action au niveau européen pour arrêter la répression linguistique.
L'ALE s'appuie sur les nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne qui interdit toute discrimination en matière de droits humains, parmi lesquels les droits linguistiques. Il importe donc de rassembler notre potentiel d'action, et d'œuvrer solidairement au niveau de toutes les situations, mais plus particulièrement encore, au secours des langues en danger afin d'organiser une véritable riposte face au jacobinisme des Etats-Nations.
