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Partitu di a Nazione Corsa

02/03/2010

Le soutien d'eurodéputés EUROPE ÉCOLOGIE à la liste « Femu a Corsica »


«C'est impossible pour nous ne pas être aux côtés de Gilles Simeoni et de Jean Christophe Angelini dans cette campagne» a déclaré Pascal Durand, coordonnateur de la campagne EUROPE ÉCOLOGIE en France, venu spécialement de Paris pour apporter le soutien des eurodéputés Dany Cohn Bendit, José Bové, Éva Joly, Yannick Jadot, Jean-Paul Besset, Sandrine Bellier...

 

 

Pascal Durand, était, jusqu'à la naissance de la démarche Europe Écologie, le porte parole de la Fondation Nicolas Hulot. Ainsi, c'est avec le soutien des principaux moteurs de la démarche Europe Écologie en France et en Europe que Pascal Durand a fait le déplacement jusqu'à Lucciana: Daniel Cohn Bendit, José Bové, Eva Joli, Yannick Jadot (ancien président de Greenpeace) Jean Paul Besset (principal rédacteur du Pacte de Nicolas Hulot), Sandrine Bellier (présidente de France Nature Environnement) et bien sûr François Alfonsi, eurodéputé de la Corse qui figure lui-même sur la liste à la place symbolique de 51ème.

Extraits des propos tenus lors de cette conférence de presse.

 

 

Pascal Durand: «La liste qui est constituée là est une liste qui porte les valeurs et les combats que mène Europe Ecologie»

 

«Ma présence ici n'est pas dans une démarche politicienne, elle est vraiment dans une démarche de logique et de combat que nous menons ensemble depuis toujours.

Je sais ce que le combat que mène Gilles Simeoni et Jean Christophe Angelini mènent avec d'autres, représentent pour la défense de toutes les diversités. Il n'y a pas d'écologie sans diversité ni sans respect de la culture et de l'identité. Pour moi, la démarche Femu a Corsica est l'essence même du combat que mènent les écologistes depuis de longues années. Il y a en Corse des situations très spécifiques. Il y a des gens qui ont une certaine conception de la construction future, qui attendent de pouvoir bétonner cette île, de pouvoir tuer ce qui en a fait son essence, et j'espère que le score de cette liste qui sera celui du 14 mars sera extrêmement important, et si j'en crois les sondages, je m'aperçois que l'espoir est dans votre camp.

La situation en Corse est fonction de plus de critères que sur les campagnes régionales d'Ile de France et d'ailleurs. La liste qui est constituée là est une liste qui porte les valeurs et les combats que mène Europe Ecologie aussi bien dans le cadre des européennes que depuis maintenant au parlement. Le fait que nous n'ayons pas eu la possibilité d'élargir autant qu'on le souhaitait, et à titre personnel, je le regrette, fait que le soutien qui est apporté est un soutien explicite, clair, des eurodéputés d'Europe Ecologie que sont Daniel Cohn Bendit, José Bové, Eva Joly, Jean-Paul Besset (rédacteur du Pacte de Nicolas Hulot), Sandrine Bellier (France Nature Environnement), Yannick Jadot (ancien président de Greenpeace). Ça n'est pas une liste Europe Ecologie qui se présente là. C'est une liste spécifique et cette liste spécifique est soutenue par les eurodéputés d'Europe Ecologie dans leur majorité et par moi-même, délégué d'Europe Ecologie pour toute la France. Tout simplement parce que l'on veut que ce combat qui est le nôtre soit porté en Corse à l'occasion de ces élections. C'est très important pour nous. C'est impossible de ne pas être là et de ne pas soutenir ce combat»

 

Gilles Simeoni: «La dimension écologique est une dimension consubstantielle de notre démarche»

 

«La Corse a fait de l'écologie et du développement durable un peu comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Nous avons engagé des luttes alors même que ces thèmes là n'étaient pas conceptualisés et comme vous le savez, même si notre démarche est caractérisée par la modernité et par l'ouverture, elle est aussi clairement ancrée dans le fil historique du combat qui s'est développé depuis maintenant près d'un demi siècle pour le droit de ce peuple à son identité et au maintien des grands équilibres, et notamment des équilibres écologiques.

La dimension écologique est une dimension consubstantielle de notre démarche. Et chacun des engagements passés le démontre.

Quelques exemples essentiels:

- En 1960 lorsque le mouvement identitaire renaît, il le fait au nom de la protection de l'environnement. Les gens vont se battre contre l'implantation d'un site nucléaire à l'Argentella.

- En 1970, le combat phare de défense de l'identité de la Corse, se sont les boues rouges, où les autonomistes de l'époque, avec d'autres forces de progrès, vont combattre une société multinationale, la Montedison, qui déverse à quelques dizaines de kilomètres des côtes corses, des produits extrêmement toxiques qui mettent en péril l'équilibre de la faune et de la flore méditerranéeene.

- Dans les années 80, et François en faisait partie, c'est le combat contre le Vaziu et le fioul lourd. Combat qui continue aujourd'hui avec l'engagement d'Agnès et de Michel à Lucciana.

- En 1990, et vous vous rappelez qu'il y a une semaine Nicolas Sarkozy est venu nous dire qu'il fallait se battre pour empêcher les pétroliers de passer dans les Bouches de Bonifaziu, nous avons plongé dans nos archives et nous avons vu en décembre 1990, un motion qui avait été déposée à l'époque par les élus UPC de l'assemblée de Corse, et qui avait été votée à l'unanimité pour interdire ou en tous cas solliciter l'interdiction du passage des pétroliers dans les Bouches de Bonifaziu. Cette motion avait d'ailleurs été relayée à l'échelon européen par Max Simeoni appuyé par les Verts italiens.

Donc vous voyez qu'il y a quand même à la fois une antériorité et une légitimité dans le combat. Et plus près de nous tous les combats significatifs de ces dernières années, dans lesquels notre démarche s'est inscrite pleinement avec d'autres, sont des combats au nom de la défense de l'environnement et du patrimoine environnemental. Qu'il s'agisse de la lutte contre la spéculation foncière, de la lutte contre le projet de Padduc projeté par l'ancienne majorité territoriale, qu'il s'agisse de la lutte contre l'incinérateur incarnée sur notre liste par Agnès Simonpietri qui en a été l'une des figures de proue, qu'il s'agisse enfin aujourd'hui du combat pour le Galsi, tous ces combats ont une dimension environnementale extrêmement importante.

Ceci pour dire que la dimension écologique est pour nous une dimension essentielle, qui n'est pas une pièce rapportée, un élément de rajout, une plus value électorale, elle est consubtantielle de notre démarche, parce que ce peuple qui est un peuple ouvert, accueillant, de tout temps, il a entretenu avec son milieu, avec la terre, avec la mer, les montagnes, avec le maquis, les villages, un rapport, qui est un rapport étroit qui caractérise et qui fonde notre identité collective. Donc aujourd'hui plus que jamais, au moment où ces questions-là sont dans l'air du temps, font l'objet à l'échelon national, européen, et universel, d'une prise en compte supplémentaire de la part de l'ensemble des décideurs politiques et de l'ensemble des citoyens, il nous semble important de rattacher notre engagement militant à cet engagement plus large pour la défense du patrimoine écologique. Donc merci encore de votre soutien et de votre confiance.

 

Jean-Christophe Angelini: «L'écologie en période électorale fait l'objet de récupération, pour ne pas dire d'usurpation»

 

«Deux mots encore pour remercier Pascal et à travers lui ceux des eurodéputés qui nous soutiennent au sein du groupe auquel François a l'honneur de participer et au travers duquel aussi il représente la Corse depuis le mois de juin dernier, à la faveur d'un score qui n'avait échappé à personne puisque près de 25% des électeurs à l'époque s'étaient portés sur cette candidature qui, on l'a vu, avait débordé les frontières politiques et électorales du nationalisme. On espère que c'est de bon augure et que l'élection qui arrive dans 15 jours répondra globalement au même schéma, aux mêmes idées et que, là encore, aux confluents du combat écologiste, du combat autonomiste ou nationaliste, du combat progressiste, se construira politiquement et électoralement une alternative, rapidement.

Il y a deux idées simples. La première c'est que nous ne sommes pas dans une écologie de témoignagen ou dans une écologie passive. Notre projet, notre vision de la société corse, reposent sur une écologie active, une écologie intégrée, une écologie qui n'est pas quelque chose qui permet que l'on saupoudre ou que l'on repeigne en vert les idées que nous défendons depuis l'origine, mais qui au contraire participe pleinement de la vision de la société corse plus à long terme. Je vous invite à considérer nos propositions en matière de déchets, en matière énergétique, de foncier, d'aménagement du territoire, comme en matière de modèle économique, la question écologique est systématiquement intégrée à notre corpus de propositions. C'est dire en quoi elle participe d'une vision qui n'est encore une fois pas une vision tactique ou partisane, mais réellement une vision de fond de la société que nous envisageons de construire, et plus encore à partir des 14 et 21 mars prochain. C'est quelque chose qui pour nous est central.

L'écologie en période électorale fait l'objet de récupération, pour ne pas dire d'usurpation. Elle n'appartient à personne en particulier, elle est l'apanage du plus grand nombre. Elle ne peut pas être la propriété intellectuelle ou le gadget de quelques uns en particulier. Et le fait qu'elle soit aujourd'hui largement diffusée, reprise, reconnue, admise dans l'opinion, y compris par certaines listes en particulier serait plutôt un gage de la bonne santé de l'écologie politique en général. À certaines conditions. La première c'est qu'il y ait un minimum de correspondance entre les actes passés et les propos actuels, et très naturellement les stratégies futures. Enfourcher le cheval de l'écologie politique à des fins de participation aux élections ne nous paraît pas répondre à cette exigence. Deuxièmement, pour ce qui nous concerne, il va de soit que la présence de François Alfonsi, de Pascal Durant, Fabienne Giovannini qui est attachée de François, celle d'Agnès Simonpietri, dont les combats sont connues, et plus généralement tout ce qui a été rappelé démontre bien que nous ne sommes pas nous dans une affirmation électorale. C'est un propos politique qui est constant et qui aujourd'hui encore avec beaucoup de sérénité, s'invite dans la campagne au moment où Pascal vient nous rejoindre et qui doit éclairer à quelques encablures du premier tour le chemin qui nous reste ensemble à parcourir.

L'objet de la conférence de presse, au-delà du soutien de Pascal et d'un certain nombre d'eurodéputés d'Europe Ecologie, c'est aussi de ramener le débat à une réalité objective, parce qu'on entend tout et n'importe quoi sur le thème de l'écologie. Nous n'aurions peut être pas fait cette conférence de presse si, indépendamment de l'intérêt qui est porté par Pascal et des membres éminents de l'écologie, il n'y avait pas aussi n'importe quoi de dit et de fait au nom de l'écologie politique dans cette campagne. C'est surtout ça qui nous a fait réagir. Parce que l'on voit par exemple Camille de Rocca Serra faire campagne aujourd'hui sur le thème du développement durable et de l'écologie politique et qu'on connaît, nous, en tant qu'élus sortants, le bilan de la mandature en terme d'écologie politique et d'aménagement du territoire, pour ne paon est dans des folies.

 

Agnès Simonpietri: «Notre espoir est de passer au combat pour créer une nouvelle société»

 

«Tout a été dit et bien dit. On a toujours été dans le combat contre les choses et que maintenant notre espoir c'est de passer au combat pour créer une nouvelle société qui soit responsable et également protectrice et vraiment constructive. C'est à dire essayer de trouver les moyens de vivre décemment en Corse en respectant la Corse au maximum mais en développant vraiment tous les secteurs de notre activité. Le soutien des députés Europe Ecologie évidemment c'est un peu notre ancrage au combat au quotidien qui est mené par l'Europe entière, et l'ancrage à notre bateau commun qui est la planète».

 


François Alfonsi: «En France et au niveau européen, on pourra compter sur ce soutien politique pour porter les revendications de notre île»

 

«Sur le canal de Corse, nous sommes déjà intervenus au parlement européen avec Giommaria Uggias, qui est l'eurodéputé de Sardaigne. Cela a eu un certain effet puisque Sarkozy dans son discours a annoncé que la démarche allait enfin être relancée auprès de l'OMI (organisation maritime internationale) et évidemment Uggias de son côté fait pression sur le gouvernement italien pour arriver à une interdiction totale. Maintenant dans notre programme nous avons intégré une dimension, qui est la mise en place des Plans Climats Territoriaux, c'est à la fois pour limiter les rejets Co2, et l'île est un fort émetteur de rejet Co2 par tête d'habitant et nous avons de gros enjeux en terme de ces rejets, ne serait-ce qu'en raison de l'insularité. Et les Plans Climats Territoriaux c'est aussi pour anticiper les catastrophes naturelles, en Corse ce sont celles qui sont liées à la sècheresse, comme les incendies, ce sont celles qui sont liées à la tempête, on a vu à Bastia les dégâts dans le port. Il y a 10 régions en France qui ont adopté un Plan Climat Territorial, il y a une organisation au niveau de l'ONU, qui est Climsat auquel nous sommes liés, et qui aide les régions à établir de tels programmes et nous pensons que la Corse doit s'inscrire dans cette dynamique globale, car nous devons anticiper sur les catastrophes à venir plutôt que se trouver le jour venu totalement démuni. Ensuite, sur les incendies, il y a en ce moment au parlement européen des réflexions très intéressantes qui vont permettre de dépasser les limites des Etats. Car lorsque les catastrophes prennent une certaine ampleur, les régions, les Etats sont des limites trop étroites pour avoir les moyens suffisants pour faire face. Il faut donc dégager au niveau européen des moyens supplémentaires qui le jour venu peuvent venir en appui pour surmonter le défi pour la protection des populations et de l'environnement.

Je voudrais remercier Pascal qui est venu, remercier mes collègues députés qui nous soutiennent dans cette affaire et qui montre qu'Europe Ecologie qui est une réalité en formation dont Régions & Peuples Solidaires, la Fédération à laquelle nous participons est membre fondateur au même titre que tous les autres partis politiques, ne se désintéresse pas de la Corse. C'est très important de manifester qu'Europe Ecologie qui est présente dans toutes les régions de France et d'Outremer est aussi intéressée par ce qui va se passer en Corse. Et qu'en France et au niveau européen, on pourra compter sur ce soutien politique pour porter les revendications de notre île».