Rassemblement contre la xénophobie et le racisme partout en France et en Corse aussi : 17h devant la préfecture d'Aiacciu, 18h aussi place de la Mairie à Portivechju -
Sàbatu u 11 di Sittembri 2010     Imprimer cette page

Partitu di a Nazione Corsa

05/02/2010

VENUE DE NICOLAS SARKOZY EN CORSE : CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA LISTE SIMEONI-ANGELINI


FACE À UN PRÉSIDENT EN CAMPAGNE, ÊTRE LA PREMIÈRE FORCE DU CHANGEMENT !


Dans un AIACCIU sous haute surveillance, la venue de Nicolas SARKOZY a inauguré, comme nous le pressentions, l'entrée en campagne du tandem ROCCA-SERRA/SANTINI pour les élections territoriales de mars 2010.

C'est pour cette raison que nos élus ont choisi de ne pas être présents au Palais des Congrès lors de l'allocution présidentielle.

Bien que fondamentalement attachés au dialogue et à la concertation, et persuadés que seule une démarche transactionnelle est de nature à régler la question corse, nous ne voulions en aucun cas servir de faire-valoir ou de cautions à une démarche partisane, d'ailleurs reconnue comme telle par l'ensemble des observateurs. Dans la même journée, Nicolas SARKOZY a jonglé avec les fonctions autant qu'avec les promesses.


Tout y est passé, dans une avalanche de chiffres, de dossiers techniques, et d'effets d'annonce!

Un constat s'impose: tous les thèmes évoqués par le Président SARKOZY sont ceux que nos combats ont mis au cœur du débat public tout au long de la mandature(foncier, environnement, Université, PEI, etc...), au moment même où ses amis politiques étaient aux responsabilités.

Pendant toutes ces années, l'incinération des déchets, les centrales au fuel lourd, le déclassement des terres agricoles et des espaces remarquables, la spéculation foncière et immobilière étaient promus et défendus par ceux qui, aujourd'hui, le temps d'une campagne électorale, voudraient se faire les chantres du développement durable.


Les Corses ne sont pas dupes. Ils savent pertinemment que ces choix, cristallisés dans le projet de PADDUC de l'exécutif sortant, ont été remis en cause par leur seule mobilisation.

Ils ont aussi de la mémoire. Sur bien des points, le discours présidentiel n'est que la reprise, sous forme de promesses, des idées que nous avançons depuis toujours:


Trois exemples pour illustrer notre propos:


- la reconnaissance du travail engagépar l'Université de Corse et la perspective de création d'un institut euro-méditerranéen de lutte contre les feux de forêt: Dés 1982, date de la première Assemblée régionale, les élus autonomistes avaient rédigé un rapport qui envisageait cet outil. Idée à nouveau reprise lors des élections territoriales de1998!


- L'engagement d'un rapprochement avec l'Organisation Maritime Internationale pour interdire le trafic des pétroliers dans les Bouches de Bonifaziu,et un soutien appuyé au Parc Marin international: L'UPC avait fait voter, dès le 14 décembre 1990 (suite à la catastrophe du Haven dans le Golfe de Gênes), une motion à l'Assemblée de Corse pour demander l'interdiction de passage dans les Bouches et était également intervenue au Parlement Européen, au travers d'une motion déposée par Max SIMEONI et les Verts italiens!


- Le développement des énergies renouvelables: dans ce domaine en particulier, les nationalistes ont été de véritables précurseurs. Dès les années 70, l'opposition au Vaziu, la promotion des centrales au gaz, le choix de la biomasse, les initiatives prises en faveur du solaire et de la maîtrise de l'énergie ont structuré le débat public; ces orientations ont, dans la plupart des cas, été combattues par EDF et par l'Etat, dans un mépris absolu de l'autonomie énergétique et de la santé publique!


Aussi, les choses nous paraissent très claires:le but essentiel de cette visite est bien de tenter in extremis le sauvetage d'un tandem aux abois.

Ni la permutation annoncée de leurs fonctions respectives, ni les promesses dont ils abreuvent aujourd'hui les Corses ne peuvent masquer l'indigence du bilan 2004-2010 et surtout, l'absence complète de perspectives d'avenir au cas où ils reviendraient aux affaires.

Plus grave encore, Paris entend reprendre en main un certain nombre de dossiers essentiels.


La Corse ne peut accepter d'être privée, au prétexte de l'incompétence de l'actuelle équipe dirigeante, de compétences qui lui reviennent de droit.


Là aussi, quelques exemples


- la question foncière : dans notre conférence de presse du 27 janvier, à Portivechju, nous proposions notamment la création immédiate d'un établissement foncier régional, pour juguler les effets de la spéculation et mettre en œuvre une politique ambitieuse de logement et de maîtrise du foncier. On nous propose aujourd'hui un établissement public d'Etat, dont le rattachement à la CTC et le champ exact de compétences demeurent indéfinis. Nous pensons, pour notre part, que la gestion du problème foncier doit être une compétence de plein droit de l'Assemblée de Corse.


- le GALSI : au fil des approximations et des contre vérités, l'Etat a perdu toute crédibilité dans la gestion de ce dossier. Ce matin encore, une représentante du consortium de réalisation du GALSI indiquait que la demande française concernant le raccordement de la Corse était totalement séparée de l'instruction principale du dossier, allant même jusqu'à évoquer «un projet autonome »! Au regard des sommes financières en jeu, de la complexité du montage juridique notamment dans sa dimension internationale, et du retard accumulé, rien ne peut, ni ne doit, être considéré comme acquis. Seule une majorité territoriale nouvelle, armée à la fois de compétences techniques et d'une volonté politique forte, pourra arracher cette réalisation indispensable pour notre avenir.


- le PEI : Le Président SARKOZY a unilatéralement contourné l'esprit et la lettre du statut de 2002, en proposant un PEI nouvelle version, dédié non plus au rattrapage infrastructurel de l'île mais aux opérations liées à l'eau, à l'assainissement et aux déchets. Pour essentielles qu'elles puissent être, ces questions ne peuvent à elles seules structurer les prochaines conventions d'application. Quid du réseau routier, du développement du train, à l'aune d'une nouvelle DSP, des grands équipements hydrauliques? Quid également du financement de l'action publique à moyen et long terme, et du non-respect, érigé en règle permanente, des engagements financiers de l'Etat à l'endroit de la CTC et de ses Offices et Agences?


- le PADUCC : le discours présidentiel atteint des sommets d'hypocrisie. Le projet de PADDUC a été élaboré par sa majorité territoriale, en concertation étroite avec les services de l'Etat et sous leur influence directe. M. SARKOZY feint aujourd'hui de découvrir qu'il n'est pas conforme au Grenelle de l'environnement, ou à d'autres recommandations du même ordre! Le PADDUC a été massivement rejeté par les Corses, et piteusement retiré du débat à l'Assemblée. Il faut sanctionner politiquement ceux qui ont promu ce texte. Et la CTC, dans l'exercice plein et entier de ses compétences, doit élaborer un nouveau texte, résolument conforme à nos intérêts collectifs et à une vision équilibrée du développement.


En conclusion, nous voulons noter les non-dits: pas un mot pour la Corse qui souffre: 30.000 personnes en situation de précarité, des familles endeuillées et ravalées au rang de simples statistiques (comment peut-on dire que «la page de la violence est tournée » lorsque les homicides se multiplient, ou encore que des dizaines de Corses restent détenus pour leurs opinions politiques?).


Notre volonté est donc renforcée. Les élections territoriales de mars prochain doivent consacrer un changement profond. C'est à nous tous qu'il appartient d'inscrire véritablement la Corse dans la voie de la paix, du développement durable, et de la construction solidaire d'une société de confiance et de progrès.