Partitu di a Nazione Corsa
Territoriales 2010 : La route est ouverte pour revenir au centre du jeu politique
L'accord survenu entre Jean Christophe Angelini et Gilles Simeoni ouvre la voie à la démarche politique que nous espérions avec force : prolonger lors du scrutin majeur, celui des élections territoriales, le succès des municipales de mars 2008. Pour cela, l'accord entre celui qui a rassemblé 46% des suffrages à Purtivechju, et celui qui en a obtenu 25% à Bastia était indispensable. L'un et l'autre devaient convaincre leurs entourages des concessions nécessaires dans la logique du «ticket» proposé par l'Assemblée Générale du PNC le 29 novembre dernier. Gilles Simeoni conduira la liste, Jean Christophe Angelini sera le Président du groupe, et le «ticket» assurera ensemble la campagne électorale de façon paritaire.
Jusqu'où cette démarche peut-elle nous mener ? La première chose à trancher est celle de la participation aux responsabilités. Sur le principe, elle figure au premier rang des accords passés. Encore faut-il la confronter aux scénarios possibles. Bien sûr, tout dépendra du second tour. Entre les deux tours, des listes seront mises à l'écart par la «barre» de 7% désormais. Notre liste s'est mise définitivement à l'abri à cet égard, ce qui change la nature de la campagne qui n'est pas la même selon que l'on se bat pour se maintenir au dessus des 7% ou que l'on prépare les rapports de forces de second tour.
Seulement trois autres listes sont assurées de franchir la barre : celle de l'UMP qui sera conduite par Camille de Rocca Serra, celle Giacobbi/PS, et celle d'Emile Zuccarelli. Dans ce schéma d'une quadrangulaire, l'UMP est assuré de la victoire. Doit-on en accepter la responsabilité, que nous porterons mécaniquement si nous décidons a priori de faire cavalier seul, ou bien doit-on ouvrir le débat politique et préparer le terrain pour une alternative ?
La donne concrète est simple : la liste qui sortira en tête du second tour disposera de la prime majoritaire de 9 sièges. Ce qui rend possible, en rassemblant 40% des voix, de disposer d'une majorité absolue de 26 élus. Puis cette majorité désigne les 9 membres de l'Exécutif, ce qui rend éligibles les 35 premiers de la liste qui gagnera en mars prochain.
Les conditions politiques seront-elles réunies pour que nous soyons parmi les gagnants du scrutin ? Rares sont ceux qui avancent cette hypothèse, et il est vrai que les conditions à remplir pour cela sont nombreuses. La toute première d'entre elles consistera à réaliser un score important au premier tour. Nos adversaires le craignent et certains l'expriment directement, comme Nicolas Alfonsi qui attribue les difficultés pour une union de la gauche à cette seule question des coalitions pouvant intégrer en place décisive des élus nationalistes.
Pour préparer le débat d'une participation éventuelle à une majorité alternative, il faut définir un «périmètre programmatique minimum». Trois axes sont tracés : mettre un point final aux grands dossiers environnementaux, incinérateur, Padduc, centrales au fioul, etc... ; relancer le projet d'une autonomie pour la Corse ; avoir une action réellement solidaire en direction des prisonniers politiques et en vue d'un règlement politique à la question corse. Sur ces bases, une majorité alternative à Camille de Rocca Serra est-elle possible ? C'est le déroulement de la campagne qui le dira, et c'est le niveau de notre score de premier tour qui sera l'élément déterminant. C'est lui qui ouvrira la porte à une majorité alternative, et c'est ce score qui déterminera les priorités d'alliances des autres listes.
Au début de son mandat, Nicolas Sarkozy avait paradé en déclarant : «les nationalistes ne sont plus au centre du jeu politique». Au soir du 21 mars, nous pouvons prouver le contraire.
François ALFONSI
